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Crise Malienne

Le 28 mai 2012, au nord du Mali, le mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), d’obédience laïque, annonçait la signature d’un protocole d’accord de fusion avec le mouvement salafiste djihadiste, Ansar Eddine, dirigé par Iyad Ag Ghaly, et proche de l’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique). Deux jours plus tard, la signature de l’accord de cette fusion, qui aurait dû découler de cette annonce, était bloquée. Ce projet de fusion, idéologiquement improbable, prévoyait la création d’un État islamique sur le territoire des trois grandes villes du nord du Mali successivement conquises, Kidal, Gao et Tombouctou. À vrai dire, dans cette guerre qui a opposé le gouvernement central malien aux rebelles touaregs du MNLA, l’AQMI a joué un rôle clé. En effet, les trois principales phalanges de l’AQMI présentes au Sahel et dirigées, respectivement, par Mokhtar Belmokhtar, Abou Zeid et Abou Hammam, en plus d’une autre dirigée par Abdelkrim Al Targui, semblent avoir directement participé aux combats contre l’armée malienne. De ce fait, leur présence, à tous trois, était confirmée à Tombouctou, lors la chute de la ville. De plus, dès les premiers joursde l’offensive touarègue en janvier 2012, près d’une centaine de soldats maliens avait été massacrée, dont plusieurs avaient été égorgés ou décapités; une pratique de guerre très courante dans les rangs des mouvements liés à Al-Qaïda mais, à l’inverse, très peu, sinon pas du tout, par les rebelles touaregs. Mais encore, les petites communautés chrétiennes de Gao et de Tombouctou furent aussi la cible de violentes attaques. Toutes leurs églises et leurs biens furent brûlés, les obligeant à fuir la région tandis qu’un de leurs leaders était décapité à Gao. Enfin, à Tombouctou, le plus ancien mausolée de la ville, celui de Sidi Mahmoud Ben Amar, un lieu vénéré dans tout le pays et inscrit, tout comme la ville d’ailleurs, sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, fut incendié par les rebelles d’Ansar Eddine. Et ce, en vertu de l’islam salafiste, pratiqué par l’AQMI, qui s’oppose brutalement au soufisme, une branche de l’islam qui a développé, en dehors de l’orthodoxie sunnite, un culte fervent autour des tombeaux de ses saints, généralement locaux. Un soufisme historiquement très présent en Afrique subsaharienne et confronté, plus fortement depuis deux décennies, à l’expansionnisme islamiste, notamment salafiste.

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