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Une justice de transition au Guatémala

En 2016 au Guatémala, le procès de l’ancien président et commandant en chef des armées José Efraín Ríos Montt et de l’ex-directeur du renseignement militaire José Mauricio Rodríguez Sánchez, accusés de génocide et de crimes contre l’humanité, a été reporté. Le procès a commencé en mars devant un tribunal de risque majeur, puis, en mai, une cour d’appel a fait droit à la requête des plaignants, qui demandaient que les deux hommes soient jugés séparément. Le procès de José Efraín Ríos Montt devait se tenir à huis clos, en raison des dispositions spéciales adoptées après qu’il eut été établi que l’ancien président était mentalement inapte à comparaître. Les procès des deux hommes étaient au point mort à la fin de l’année.Cinq anciens membres de l’armée, dont Benedicto Lucas García, ancien chef du Haut Commandement de l’armée guatémaltèque, ont été inculpés dans le cadre de l’enquête sur la détention illégale, les actes de torture et les violences sexuelles perpétrés contre Emma Guadalupe Molina Theissen, et la disparition forcée de Marco Antonio Molina Theissen. Des ONG locales ont indiqué que plusieurs audiences avaient été suspendues et que les autorités judiciaires avaient imposé certaines restrictions et conditions à la famille de la victime et au public. Des membres de la famille Molina Theissen ont été victimes d’actes de harcèlement, notamment sur Internet. Des femmes de la famille ont été la cible de formes particulières de violences liées au genre, notamment de harcèlement et de diffamation. Dans une décision historique prononcée en février par le tribunal A de risque majeur, deux anciens militaires ont été reconnus coupables de crimes contre l’humanité pour avoir réduit en esclavage sexuel et domestique 11 femmes indigènes mayaq’eqchi et les avoir soumises à des violences sexuelles. Ces crimes ont eu lieu pendant le conflit armé interne dans une base militaire située dans la localité de Sepur Zarco. En juin, le tribunal A de risque majeur a statué que huit anciens militaires devaient être jugés pour des accusations liées à des affaires de disparitions forcées et d’homicides illégaux commis dans une base militaire aujourd’hui connue sous le nom de Creompaz, dans le département d’Alta Verapaz (nord du pays)3. Des proches des victimes ont fait l’objet d’une surveillance et ont été la cible de menaces, de harcèlement en ligne et d’actes d’intimidation à l’intérieur comme à l’extérieur de la salle d’audience. Des organisations de la société civile ont continué de militer en faveur de l’adoption de la Loi n° 3590 relative à la création d’une commission nationale pour la recherche des victimes de disparition forcée et d’autres formes de disparition. Ce texte, qui a été présenté pour la première fois devant le Congrès en 2006, n’avait pas été débattu à la fin de l’année 2016.

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