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Enseignement supérieur : des besoins de qualifications qui évoluent rapidement

Comme tous les pays développés, la France a connu au cours des 50 dernières années un accroissement massif de sa population étudiante. Les effectifs de l’enseignement supérieur ont été multipliés par 8, passant de 310 000 en 1960 à 2 319 000 en 2010 (2 429 900 à la rentrée 2013). Dans le même temps, le pourcentage d’une classe d’âge accédant au baccalauréat passait de 11% en 1960 à 73,7% en 2013. En termes de pourcentage de diplômés de l’enseignement supérieur, les chiffres varient selon les méthodes de calcul retenues mais, dans tous les cas, notre pays se situe dans une position favorable par rapport à ses partenaires de l’Union européenne ou de l’OCDE. Au niveau de l’Union européenne (UE), la stratégie « EU 2020 » a fixé l’objectif moyen de 40% de la population âgée de 30 à 34 ans titulaires d’un diplôme d’enseignement supérieur à l’horizon 2020, avec une cible pour la France à 50%. Notre pays se situait en 2012 à 43,6%, au-dessus de la moyenne EU 27 (35,7%). Pour autant, notre situation ne peut être considérée comme optimale. En premier lieu, si nos pourcentages de diplômés de l’enseignement supérieur se situent au-dessus des moyennes de l’UE et de l’OCDE, il reste une marge de progression pour parvenir au tout premier rang. En deuxième lieu, la France se positionne mieux s’agissant des  diplômes de  l’enseignement court à caractère professionnalisant – 6e rang de l’OCDE – que pour les  diplômés du cycle long, où elle n’occupe que le 19e rang. En effet, ce taux de diplômés du  supérieur masque la réalité plus fine de l’accès aux différents niveaux de diplômes. Or il n’est pas équivalent, en termes de carrière en particulier, d’être diplômé d’un BTS, d’une licence professionnelle ou encore d’un Master. Les différentes enquêtes convergent sur ce point. Ainsi la proportion des diplômés de DUT ayant un emploi de niveau cadre ou profession intermédiaire est de 59%, contre 73% pour les diplômés de licence professionnelle, et 87% pour les titulaires d’un Master. Quant aux salaires, les différences sont très nettes : en début de carrière, le salaire net médian mensuel des diplômés de DUT est de 1 460 €, quand il est de 1 600 € pour les titulaires d’une licence professionnelle et 1 900 € pour ceux d’un master. Par ailleurs, les comparaisons internationales fournissent des repères utiles mais leur interprétation est toujours susceptible d’être faussée par la situation particulière de chaque pays. Indépendamment des performances de nos partenaires, nous devons donc aussi nous interroger sur notre propre niveau d’ambition, compte tenu des spécificités de notre système et de notre souhait de construire une société apprenante. Enfin, notre système souffre de faiblesses structurelles liées à de fortes rigidités, qui constitueront un handicap croissant dans un monde complexe et mouvant. Au nombre de ces dernières figure le poids excessif de la formation initiale, alors que les évolutions technologiques et sociétales rapides aussi bien que les rythmes de progression diversifiés des  individus appellent la mise en place d’un véritable dispositif de formation tout au long de la vie.

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